Rencontre + interview avec Cica Gomez

Brutal. est allé à la rencontre de la céramiste Cica Gomez dans son atelier à Lyon. Partons à la découverte de son univers à travers une interview.

 

Quel est ton parcours et ta formation pour arriver à la céramique ?

Pour réponse, une anecdote : il y a un an ou presque, j’étais à l’atelier, je regardais cet espace où chaque jour, je vais, tourne, donne des cours, transmets un savoir-faire et un goût du faire… Tout ce qui fait aujourd’hui ma vie de céramiste. Et avec ce regard, cette pensée : « si l’on m’avait dit 10 ans auparavant que je serai céramiste !? Je ne l’aurai pas cru... je ne l’aurai pas su. » J’ai fait des études de droit, j’ai travaillé dans l’associatif et l’Économie Sociale et Solidaire, l’idée ne m’avait pas un instant, à l'époque, effleurée. J’en conclu que la vie est parfois une merveille de surprises.

Es tu autodidacte ou as-tu appris de quelqu'un d'autre?

En fait, le chemin qui m’a menée à la terre est lointain : il n’était pas une évidence, il a été découverte.

J’ai commencé par du modelage quand j’étais toute enfant (5, 6 ans). Et ensuite, la terre ne m’a jamais quittée. Elle était cependant un matériau intermédiaire, me permettant de faire d’autres projets.

C’est en 2012, quand j’ai pris mes premiers cours de tournage, que cette pratique est progressivement devenue une envie de métier. En 2013, je rentrais alors en formation à la Maison de la Céramique du Pays de Dieulefit (dans la Drôme provençale).

Rencontre et interview de la céramiste Cica Gomez sur Brutal Ceramics

Te souviens tu de ta première pièce ?

Et bien en fait, ma première céramique a 39 ans. J’avais 2 ans. A l’époque, les écoles maternelles et primaires avaient de beaux moyens pour ouvrir des espaces de créativité aux tous petits. Et l’école dans laquelle j’étais avait un four. J’ai ainsi la trace de ma main, dans une plaque faite de faïence rouge, et émaillée. Et autrement, en fouillant, et dans ma mémoire, et dans mes affaires, à 12 ans une carafe d’eau dont l’élaboration m’épate encore. Montée à la plaque. Avec 12 facettes. J’étais déjà ambitieuse en terme de création ! Entre, et après, toute sortes d’objets. Enfant : chiens, chat, pichets! Ado, adulte : c'est la sculpture qui est venue.Et puis il y a eu, bien plus tard, le tournage. Et là ce n’est pas le souvenir d’une pièce, c’est le souvenir d’une sensation…

Comment définirais-tu ton travail ?

Un dessin qui cherche pour force et beauté, la simplicité.

Des couleurs-paysages. Paysages terrestres, paysages célestes. Une captation chromatique et poétique.

Rencontre et interview de la céramiste Cica Gomez sur Brutal CeramicsRencontre et interview de la céramiste Cica Gomez sur Brutal Ceramics

Quel est ton processus de création et de fabrication ?

Je connais de nombreuses techniques concernant le travail de la terre, pour autant, mon amour va au tournage.

Je tourne mes pièces, et me laisse habiter par une une valse de gestes, une gestuelle.

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Quelle est ta technique favorite ? Ton moment préféré dans le processus ?

Encore aujourd’hui, cela reste le tournage à la motte. Il s’agit de centrer une grande masse de terre, d’en isoler une toute petite quantité en son sommet, et de tourner de petits objets. Il y a dans ce moment une fluidité du geste que l’on n’a pas ailleurs. On centre, on tourne, on écoute, on débarbotine, on enlève la pièce et l’on recommence. Danse circulaire.

Quel est ton matériau de prédilection ? Qu’est-ce qui te plaît chez lui ?

J’aime toutes les terres, même si je tourne principalement de la porcelaine. Ce choix est doublement originé : la raison est technique. Certains émaux nécessitent d’avoir une terre blanche, sans fer ; comme le peintre a besoin d’un fond blanc pour l’éclosion de couleurs lumineuses et intenses. Elle est aussi sensible : c’est une terre qui demande une attention toute particulière, elle vous met au défi ou plutôt, elle requiert de nous une écoute toute attentive… j’aime ce dialogue intime.

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Qu'est ce qui t'inspire en dehors de la céramique ?

Comme j’ai déjà pu le dire, l'inspiration est diffuse. Une agrégation des formes et lignes auxquelles je suis sensible et que l'on retrouve autant dans l'espace urbain, dans la nature, ou dans les courbes d'un corps humain. J'aime également travailler avec la lumière. Et avec cette contradiction – en apparence, entre la transparence et l’intense, qui viennent se dire dans la couleur.J'aime enfin l'équilibre d'une courbe pour la sensation de tranquillité qu'elle procure. Lorsque la ligne est belle, elle nous confie tout le temps pris, le soin. Elle dit de nous, la justesse, que l’on a cherché à donner à l'objet, et à offrir à celui qui le regarde, en fait l’usage.

Peux tu nous parler d'un ou de plusieurs livres sur la céramique ou sur autre chose d'ailleurs ?

Il y a ce livre incroyable de William Morris, fondateur du mouvement Arts and Crafts : « L’art et l’artisanat », 1889. Il donne du sens à ce que nous faisons au quotidien. Nous faisons des objets, avec une esthétique qui a des reflets et un écho politiques.Quel sens donné à nos objets, nos choix de vie, notre métier, si ce n’est pour contribuer à l’édification d’un monde plein en sens, en équilibres et en justesse ?

Quels sont tes derniers voyages marquants ou tes envies de voyages ?

Le dernier et premier grand voyage remonte à un an et demi maintenant. Un salon en Chine. A Jingdezhen. Une expérience qui mène à la rencontre de l’immensité et de l’altérité. Et si demain, nous pouvons encore voyager, j’irai au pays du Soleil Levant. J’irai au Japon.


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voici les céramiques issues de la dernière collection d'automne : produites en petites quantités, parfois exclusivement pour Brutal Ceramics